{"id":17516,"date":"2016-01-09T16:10:32","date_gmt":"2016-01-09T15:10:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.candice-nguyen.com\/?p=17516"},"modified":"2016-07-29T17:13:46","modified_gmt":"2016-07-29T15:13:46","slug":"ca-nallait-deja-pas-tres-bien-patrick-boucheron-riboulet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.candice-nguyen.com\/fragments\/ca-nallait-deja-pas-tres-bien-patrick-boucheron-riboulet\/","title":{"rendered":"\u00e7a n&#8217;allait d\u00e9j\u00e0 pas tr\u00e8s bien (Patrick Boucheron)"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.candice-nguyen.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/DSC03327.jpg\" rel=\"attachment wp-att-17563\" title=\"'enfant, Dammartin en Go\u00eble, d\u00e9cembre 2010\" data-rel=\"lightbox-gallery-IEely2jt\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.candice-nguyen.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/DSC03327.jpg\" alt=\"Dammartin en Go\u00eble, d\u00e9cembre 2010\" width=\"1280\" height=\"857\" class=\"alignnone size-full wp-image-17563\" srcset=\"https:\/\/www.candice-nguyen.com\/fragments\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/DSC03327.jpg 1280w, https:\/\/www.candice-nguyen.com\/fragments\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/DSC03327-140x94.jpg 140w, https:\/\/www.candice-nguyen.com\/fragments\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/DSC03327-315x211.jpg 315w, https:\/\/www.candice-nguyen.com\/fragments\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/DSC03327-768x514.jpg 768w, https:\/\/www.candice-nguyen.com\/fragments\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/DSC03327-700x469.jpg 700w, https:\/\/www.candice-nguyen.com\/fragments\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/DSC03327-332x222.jpg 332w\" sizes=\"auto, (max-width: 1280px) 100vw, 1280px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: right; font-size: 120%; line-height: 1.5em; font-family: Oswald; font-weight: 300; padding-left: 20px; padding-right: 20px;\">\u00ab Les nuits de premi\u00e8re neige. Elle tombait&#8230; Tombait&#8230; Cachait les petites maisons.<br \/>\nLes champs&#8230; Notre rivi\u00e8re sombre&#8230; Toute la nuit neigeait.<br \/>\nEt. Le matin &#8211; tout \u00e9tait blanc. Je me r\u00e9veillais de blancheur. Partout&#8230;<br \/>\n(&#8230;)<br \/>\nJe dis &#8211; patience&#8230; La neige couvrira tout. Nos forces, nos chagrins&#8230; Nos traces. Nos pas.<br \/>\nLes miens &#8211; lourds. Les tiens &#8211; si l\u00e9gers (&#8230;)<br \/>\nDoucement elle couvrira mes morts. Mes ann\u00e9es \u00e0 venir.<br \/>\nElle couvrira notre vieillesse. Notre mis\u00e8re. Patience&#8230; \u00bb<br \/>\n<span style=\"font-weight: 400; font-size: 80%;\">Dimitri Bortnikov, Repas de Morts<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; font-size: 95%; line-height: 1.5em; font-family: courier; font-weight: 300; padding-left: 20px; padding-right: 20px;\">_lecture de ces jours qu&#8217;il me semble important de partager en ces lieux si peu enclins d&#8217;habitude \u00e0 parler d&#8217;actualit\u00e9 tant elle n&#8217;a toujours fait que me sid\u00e9rer et creuser encore plus b\u00e9ant <a href=\"http:\/\/www.candice-nguyen.com\/galeries\/interludes\/pharmakon\/\" target=\"_blank\">le trou de mon incompr\u00e9hension<\/a> dans lequel nage all\u00e8grement un profond cynisme \u2014 marque h\u00e9las bien banale de nos temps et lieux d&#8217;\u00eatre, et quoique moins politique qu&#8217;anthropologique (pire en somme) ; 4,50\u20ac chez <a href=\"http:\/\/www.candice-nguyen.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Prendre-dates-Boucheron-Riboulet-573x900.jpg\" data-rel=\"lightbox-gallery-IEely2jt\" data-rl_title=\"\" data-rl_caption=\"\" title=\"\">Verdier<\/a>, un format qui tient dans la poche d&#8217;un jeans slim, pour dire : aucune raison de s&#8217;en priver.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; font-size: 110%; font-family: georgia; line-height: 1.5em; padding-left: 50px; padding-right: 50px;\">&#8220;Le corps que nous formons depuis 1789 n&#8217;est pas un mythe, n&#8217;est pas qu&#8217;un mythe, dans cinq jours, le 11 janvier, nous en ferons \u00e0 nouveau l&#8217;exp\u00e9rience aux yeux du monde, lequel n&#8217;aura alors pas assez d&#8217;alphabets pour le d\u00e9crire, et ce reflet renvoy\u00e9 en langues \u00e9trang\u00e8res nous laissera pensifs, rass\u00e9r\u00e9n\u00e9s peut-\u00eatre, provisoirement, mais pensifs : il n&#8217;est de corps cinglants, de langages assembl\u00e9s, qui ne se pulv\u00e9risent, qui ne se d\u00e9sassemblent. Car nous avons peu \u00e0 peu d\u00e9sert\u00e9 la grande place ouverte o\u00f9 nos corps se rejoignent pour prendre la parole parce que, m\u00eame si nous savons bien que nous n&#8217;avons que \u00e7a, le corps et le langage, pour former tous les &#8220;nous&#8221; dont nous faisons partie, ou simultan\u00e9ment, ou successivement, nous nous sommes lass\u00e9s de voir qu&#8217;ils ne faisaient plus la vie, mais l&#8217;imitaient seulement, parce que les transformations, vertigineuses, du monde ne nous tendaient plus rien que des miroirs lustr\u00e9s, des habits s\u00e9duisants, des illusions sociales, des enclos prot\u00e9g\u00e9s, et, \u00e0 l&#8217;autre bout du spectre, des aum\u00f4nes, de la graisse et du sucre, de l&#8217;indignit\u00e9 en paga\u00efe, pour ne rien dire des th\u00e9\u00e2tres lointains d\u00e9vor\u00e9s par la p\u00e8gre, les trafics, la haine, la guerre, l&#8217;envie. Nous l&#8217;avons d\u00e9sert\u00e9e, sans le vouloir vraiment mais sans le regretter davantage qu&#8217;en passant.<\/p>\n<div class=\"compact_audio_player_wrapper\"><div class=\"sc_player_container1\"><input type=\"button\" id=\"btnplay_69f8e09a690686.60373388\" class=\"myButton_play\" onClick=\"play_mp3('play','69f8e09a690686.60373388','http:\/\/www.candice-nguyen.com\/wp-content\/uploads\/2016\/01\/Ville-Morose.mp3','80','false');show_hide('play','69f8e09a690686.60373388');\" \/><input type=\"button\"  id=\"btnstop_69f8e09a690686.60373388\" style=\"display:none\" class=\"myButton_stop\" onClick=\"play_mp3('stop','69f8e09a690686.60373388','','80','false');show_hide('stop','69f8e09a690686.60373388');\" \/><div id=\"sm2-container\"><!-- flash movie ends up here --><\/div><\/div><\/div> <span style=\"font-size: 100%; font-family: Oswald; font-weight: 300; \">Nadine Shah &#8211; Ville Morose<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; font-size: 110%; font-family: georgia; line-height: 1.5em; padding-left: 50px; padding-right: 50px;\">Le 6 janvier je sais que la partie du monde o\u00f9 je vis va assez mal, le malaise y grandit et les craintes avec lui. Je sais qu&#8217;une part importante de ce malaise provient de la pliure imprim\u00e9e sur les corps par les ann\u00e9es quatre-vingt, avec l&#8217;arriv\u00e9e de la gauche au pouvoir, pliure qui n&#8217;a depuis cess\u00e9 de s&#8217;enfoncer dans les peaux et les os &#8211; Hollande, je m&#8217;en avise depuis peu (voyez combien de na\u00efvet\u00e9 demeure au creux des r\u00e9flexions), ne faisant que poursuivre la t\u00e2che entam\u00e9e ouvertement par le cynisme sarkozyste. Je le sais, et nous n&#8217;en faisons rien. Car, quelles que soient les innombrables propositions, le jaillissement quasi continu d&#8217;intelligence collective ici et l\u00e0, les somptueuses r\u00e9flexions et propositions politiques venues des plus affirm\u00e9es de nos marges, aucun de ces essais ne se transforme en un flux qui nous donne envie de nous saisir, de nouveau, de nous. Le 6 janvier, je pense qu&#8217;au fond nous n&#8217;avons pas encore touch\u00e9 ce fameux fond qui permet, para\u00eet-il, de remonter, que nous ne nous sommes pas laiss\u00e9s encore tailler en assez de pi\u00e8ces pour tout envoyer valser comme nous souhaitons ardemment que le fassent les Grecs et les Espagnols, les Portugais et les Irlandais aussi peut-\u00eatre, que nous avons tous all\u00e8grement laiss\u00e9s tomber, disons-le.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; font-size: 110%; font-family: georgia; line-height: 1.5em; padding-left: 50px; padding-right: 50px;\">Nous ne voulons rien dire de ce qu&#8217;on nous propose, cela nous le savons, mais nous n&#8217;avons pas de forces, ou trop \u00e9parpill\u00e9es, et la crainte grandit. C&#8217;est que voil\u00e0 soixante-dix ans que nous sommes en paix, presque trois g\u00e9n\u00e9rations. Cela ne signifie pas, h\u00e9las, que nous ne soyons pas en guerre, lointaines via notre participation \u00e0 divers conflits externalis\u00e9s, pour employer un terme choy\u00e9 par la langue du capitalisme, ou internes, je veux dire dans nos corps, nos c\u0153urs, nos t\u00eates, via la double culpabilit\u00e9 qui nous porte, nous autres qui sommes en paix, la culpabilit\u00e9 des p\u00e8res, r\u00e9sum\u00e9e en deux mots : Vichy (ce sont bien des Fran\u00e7ais, c&#8217;est-\u00e0-dire nous, qui ont activement collabor\u00e9 \u00e0 l&#8217;effort de la guerre nazie en envoyant les Juifs de France en enfer), l&#8217;Alg\u00e9rie (ce sont bien des Fran\u00e7ais qui ont colonis\u00e9 puis exploit\u00e9 l&#8217;Alg\u00e9rie, tortur\u00e9 et assassin\u00e9 des Alg\u00e9riens quand le vent de l&#8217;ind\u00e9pendance a souffl\u00e9, enfin sans transition ou presque convi\u00e9 en masse ces m\u00eames Alg\u00e9riens \u00e0 venir travailler au c\u0153ur m\u00eame de l&#8217;ancienne puissance coloniale avant de finir par les vouer aux g\u00e9monies du m\u00e9pris et de la rel\u00e9gation depuis que l&#8217;on se dit qu&#8217;ils ont, les ingrats, tap\u00e9 l&#8217;incruste). Cette double culpabilit\u00e9, nous la verrons nous prendre en tenaille, peser de tout le poids de ses malentendus dans les jours qui viennent, apr\u00e8s le 11 janvier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; font-size: 110%; font-family: georgia; line-height: 1.5em; padding-left: 50px; padding-right: 50px;\">Mais nous sommes le 6, et la crainte grandit depuis quelque mois, un ou deux ans peut-\u00eatre. Elle est diffuse, certes, mais nette, on ne peut plus l&#8217;ignorer, on a pass\u00e9 le stade des signes avant-coureurs, dans le vrac du quotidien, souvent confus, on d\u00e9m\u00eale p\u00eale-m\u00eale : l&#8217;exasp\u00e9ration croissante, banale, des gens (de nous) dans la rue, la tension qu&#8217;ils (nous) ne prennent plus la peine de masquer, le risque de rixe qui affleure quotidiennement, la mis\u00e8re \u00e0 ciel ouvert, l&#8217;iniquit\u00e9 des traitements, le d\u00e9voiement des processus de d\u00e9cision, l&#8217;esprit de combine \u00e9rig\u00e9 en principe de gouvernement partout o\u00f9 se niche la plus petite parcelle de pouvoir suppos\u00e9, un paysage politique corrompu, d\u00e9missionnaire, bien s\u00fbr les petites attaques mesquines contre &#8220;la culture&#8221; (municipalit\u00e9s frontistes, Medef et Rue de Valois confondus), ses acteurs \u00e9tant somm\u00e9s de produire de plus en plus de lien pour de moins en moins d&#8217;argent, une bruyante campagne haineuse de la fine fleur de la r\u00e9action, tous \u00e2ges et tendances confondus (grenouilles de b\u00e9nitiers plus ou moins jeunes, psychanalystes, pr\u00e9lats <em>de toutes les religions<\/em>, vieilles familles maurrassiennes plus ou moins bien ravaud\u00e9es, personnel politique essouffl\u00e9 et intellectuels \u00e9puis\u00e9s) pour emp\u00eacher une avanc\u00e9e vers l&#8217;\u00e9galit\u00e9 des droits des homosexuel(le)s, et <em>last but not least<\/em>, le come-back inesp\u00e9r\u00e9, massif des religions, toutes tendances confondues l\u00e0 encore, et de leur in\u00e9puisable cort\u00e8ge de coercitions en tous genres que d&#8217;aucuns ont cru bon de renommer &#8220;fait religieux&#8221; et de recommander \u00e0 l&#8217;attention de nos ch\u00e8res t\u00eates blondes d\u00e8s les bancs de la communale&#8230; Et j&#8217;en passe, il va sans dire, bien plus que je n&#8217;en dis. Je note tout cela, certains jours je commence \u00e0 trouver que \u00e7a p\u00e8se, je me dis qu&#8217;il se pourrait bien que ce soit \u00e7a, finalement, ce que les manuels d&#8217;histoire nommaient &#8220;la mont\u00e9e des p\u00e9rils&#8221; pour d\u00e9signer, avec leur confortable recul, les ann\u00e9es trente en Europe. Il y a beau temps que je me demandais ce que \u00e7a pouvait bien faire au corps, au c\u0153ur et \u00e0 l&#8217;esprit de vivre une p\u00e9riode o\u00f9 d&#8217;une ann\u00e9e \u00e0 l&#8217;autre tous les signaux passent au rouge : est-ce qu&#8217;on s&#8217;en aper\u00e7oit, est-ce qu&#8217;on en prend la mesure, est-ce qu&#8217;on y pense, est-ce qu&#8217;on en r\u00eave, est-ce qu&#8217;on en est malade, est-ce qu&#8217;on se laisse prendre par surprise, est-ce qu&#8217;on se sent condamn\u00e9 \u00e0 l&#8217;impuissance, est-ce qu&#8217;on d\u00e9cide d&#8217;agir, mais alors pour faire quoi, est-ce qu&#8217;on pense \u00e0 partir, si on peut, et quand ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; font-size: 110%; font-family: georgia; line-height: 1.5em; padding-left: 50px; padding-right: 50px;\">On ne sait pas, il va falloir improviser, mais il est certain que, le 6, on en est l\u00e0. Quelque part entre le marteau et l&#8217;enclume, d\u00e9sinvestis, fragment\u00e9s, apeur\u00e9s par les communaut\u00e9s insondables qui surgissent toujours plus nombreuses, toujours plus ferm\u00e9es. Lamin\u00e9 \u00e9conomiquement au fil des ann\u00e9es quatre-vingt et quatre-vingt-dix, le dernier &#8220;nous&#8221; en date que nous ayons form\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralement sans trop d&#8217;h\u00e9sitation, parfois m\u00eame avec enthousiasme, entre 68 et 78, est lamin\u00e9 id\u00e9ologiquement au mitan des ann\u00e9es deux mille par le ch\u0153ur de la sarkozie chantant sur tous les tons sa haine recuite de Mai 68. Le point culminant de ce laminage n&#8217;est pas encore atteint, mais c&#8217;est pr\u00e9vu, c&#8217;est pour demain, le 7 janvier. <em>Ite missa est<\/em>. Et cette rengaine-l\u00e0 aussi se chante sur l&#8217;air d&#8217;une culpabilit\u00e9 dans laquelle nous nous laissons trop souvent enfermer, la plupart de ces \u00e9lans des ann\u00e9es soixante-dix ayant fini dans des impasses meurtri\u00e8res auxquelles est d&#8217;embl\u00e9e renvoy\u00e9 sommairement tout ce qui tente, hors sentiers et organisations, de nous sortir de la glu mortif\u00e8re dans laquelle nous sommes pris &#8211; G\u00eanes, pour m\u00e9moire, et gageons que d&#8217;aucuns rag\u00e8rent, le 26 octobre 2014, d&#8217;avoir \u00e9chou\u00e9 \u00e0 faire de R\u00e9mi Fraisse un dangereux activiste de l&#8217; &#8220;ultragauche&#8221;. D\u00e8s demain, 7 janvier, c&#8217;est la question des impasses meurtri\u00e8res qui, litt\u00e9ralement, nous sautera de nouveau \u00e0 la gueule.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; font-size: 110%; font-family: georgia; line-height: 1.5em; padding-left: 50px; padding-right: 50px;\">Ce n&#8217;est plus une tenaille, mais cinq, mais dix, qui menacent de nous prendre entre leurs ar\u00eates ac\u00e9r\u00e9es. Trop de fronts sont ouverts et de questions pos\u00e9es auxquelles on n&#8217;ose apporter les r\u00e9ponses que le regroupement de nos pens\u00e9es susciterait. On t\u00e2che pourtant, depuis le temps, de faire du mieux qu&#8217;on peut. Mais toujours la mort nous fait violence. Le 6 janvier je rentre de Berlin, o\u00f9 Frau Merkel, un \u0153il sur Kiev et l&#8217;autre sur Ath\u00e8nes (pas de diff\u00e9r\u00e9, m\u00eame l\u00e9ger, dans les all\u00e9es du pouvoir, que du direct et du simultan\u00e9), commence \u00e0 s&#8217;inqui\u00e9ter, semble-t-il, de l&#8217;expansion du mouvement des Patriotes europ\u00e9ens contre l&#8217;islamisation de l&#8217;Occident (Pegida), qui prend de l&#8217;ampleur, l\u00e0-bas \u00e0 Dresde tout enti\u00e8re livr\u00e9e \u00e0 la sp\u00e9culation mobili\u00e8re et immobili\u00e8re, d\u00e9pec\u00e9e par le tourisme. Pour ceux \u00e0 qui \u00e7a aurait \u00e9chapp\u00e9, l&#8217;\u00e9crivain Renaud Camus, qui \u00e9crivit longtemps dans <em>Gai pied<\/em> et fut en son temps pr\u00e9fac\u00e9 par Roland Barthes en personne, entend se faire l&#8217;importateur et le repr\u00e9sentant de Pegida en France &#8211; \u00e7a donne une mesure, fran\u00e7aise et rance, des glissements insens\u00e9s qu&#8217;il faut enregistrer, ne pas perdre de vue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; font-size: 110%; font-family: georgia; line-height: 1.5em; padding-left: 50px; padding-right: 50px;\">Le 6 janvier je rentre de Berlin, il fait froid, partout la neige sur le sol vu du ciel. L&#8217;Europe est p\u00e2le, nous sommes \u00e9pars.&#8221;<\/p>\n<p style=\"text-align: right; font-size: 100%; line-height: 1.5em; font-family: Oswald; font-weight: 400; padding-left: 50px; padding-right: 50px;\">Patrick Boucheron, &#8220;\u00c7a n&#8217;allait d\u00e9j\u00e0 pas tr\u00e8s bien, 6 janvier 2015&#8221;<br \/>\nin Patrick Boucheron &#038; Mathieu Riboulet, Prendre dates, Paris, 6 janvier-14 janvier 2015<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; font-size: 95%; line-height: 1.5em; font-family: courier; font-weight: 300; \">Photographie : Vue depuis ma chambre d&#8217;enfant, Dammartin en Go\u00eble, d\u00e9cembre 2010.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Les nuits de premi\u00e8re neige. Elle tombait&#8230; Tombait&#8230; Cachait les petites maisons. Les champs&#8230; Notre rivi\u00e8re sombre&#8230; Toute la nuit neigeait. Et. Le matin &#8211; tout \u00e9tait blanc. Je me r\u00e9veillais de blancheur. 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